Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme cheffe du gouvernement marocain : une page historique s'ouvre
Le Maroc vient de franchir un cap inédit. Le 29 septembre, six jours après les élections législatives, le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel Exécutif. Elle devient la première femme à occuper cette fonction dans l’histoire du Royaume. La presse internationale a salué une nomination survenue au lendemain d’une victoire électorale historique de son parti.
Une nomination issue des urnes
La désignation s’inscrit dans le cadre de l’article 47 de la Constitution, qui prévoit que le chef du gouvernement soit choisi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qu’elle dirige, est arrivé premier du scrutin avec 97 sièges.Elle-même a remporté un nouveau mandat de députée à Marrakech, dans la circonscription Médina-Sidi Youssef Ben Ali.
Au-delà de sa portée symbolique, cette nomination nourrit l’espoir d’un nouvel élan : accélération des réformes, renforcement de l’inclusion, soutien à l’emploi et amélioration concrète du quotidien des citoyens. Elle appelle désormais des résultats à la hauteur des attentes.
Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri ?
Née en 1976 à Marrakech dans une famille de notables (son père, Abderrahmane El Mansouri, a été pacha de Marrakech puis ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis), elle a fait ses études secondaires au lycée Victor-Hugo de Marrakech. Elle est titulaire d’une licence en droit privé de l’Université Mohammed V de Rabat et d’un DEA en droit des contrats d’affaires de l’Université de Montpellier, et a complété sa formation par un cursus en droit anglo-saxon aux États-Unis. Inscrite au barreau de Marrakech depuis 2005, elle est avocate, spécialisée en droit foncier et immobilier.Elle entre en politique au MTD (Mouvement pour tous les démocrates), puis rejoint le PAM à sa création en 2008. En juin 2009, à 33 ans, elle est élue maire de Marrakech, première femme à diriger la ville et l’une des premières à la tête d’une grande métropole marocaine. Elle reste à ce poste jusqu’en 2015. Députée à partir de 2011 puis réélue en 2016, elle préside le Conseil national du PAM de 2015 à 2024, l’un des postes clés de la formation.
Après les élections de 2021, elle retrouve la mairie de Marrakech. En octobre 2021, elle devient ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville dans le gouvernement d’Aziz Akhannouch, le PAM entrant alors au gouvernement pour la première fois. Elle cumule ministère, mairie et direction politique du parti.
En février 2024, le cinquième congrès du PAM adopte une direction collégiale, dont elle devient la coordinatrice principale aux côtés de Mehdi Bensaid, et s’impose comme le visage le plus exposé de la formation.
En 2014, elle a été classée par Forbes parmi les jeunes femmes les plus influentes d’Afrique et désignée « Young Global Leader » par le Forum économique mondial. Elle est également membre de l’Association internationale des maires francophones. Mariée et mère de deux enfants, elle incarne une nouvelle génération de responsables politiques.
Dix-sept ans après sa première élection à la mairie de Marrakech et cinq ans après son entrée au gouvernement, elle accède au sommet de l’Exécutif. Cette nomination s’inscrit dans le mouvement de promotion de l’égalité des chances et de la participation des femmes aux plus hautes responsabilités de l’État. Reste désormais l’étape la plus attendue : la composition de son gouvernement, puis la mise en œuvre des engagements de campagne.
Une trajectoire entre le Maroc et la France
Dix-sept ans après sa première élection à la mairie de Marrakech et cinq ans après son entrée au gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri accède au sommet de l’Exécutif. Son parcours est aussi celui d’une femme à cheval entre deux rives.
Formée au lycée Victor-Hugo de Marrakech, puis à l’Université Mohammed V de Rabat, elle a complété son cursus en France, à l’Université de Montpellier, avant de faire ses armes comme avocate et élue dans sa ville natale. Son appartenance à l’Association internationale des maires francophones prolonge ce lien avec l’espace francophone.